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Au delà des barrières.
Des enfants extraordinaires.
Je me suis dit que c'était l'occasion de donner à cet espace d'expression un nouveau souffle.
LaToileScoute est née il y a aujourd'hui cinq ans de l'initiative de plusieurs jeunes responsables scouts qui avaient décidé de faire du web leur terrain de jeu (scout, bien sûr...). Et ils y ont à présent planté solidement leur tente.
Je n'ai donc pas hésité longtemps. Le blog Scoutisme et santé ne ferme pas, il renaît ailleurs: c'est une nouvelle étape qui commence.
Il devient le blog "A votre santé ! ".
Ce n'est pas que je déserte ou que mon intérêt a faibli pour ce genre d'exercice, c'est simplement qu'il m'a été difficile de concilier mes multiples engagements...et celui dans le domaine du scoutisme et de la santé n'est pas le moins riche.
Je crois aussi que j'avais besoin de donner un second souffle à ce projet auquel je ne pouvais pas jusqu'ici donner toute l'ampleur désirée. Les fonctionnalités offertes sur cette plateforme pour un usage gratuit et sans publicité sont trop limitées et mes limites personnelles dans le domaine informatique sont trop vite atteintes pour que je puisse progresser.
De nouvelles perspectives s'ouvrent à moi et je vais donc relancer mon blog dans quelques jours,très exactement dimanche prochain.
Soyez exacts au rendez-vous !
Car la question des addictions représente un énorme problème de santé public : "Les conduites addictives,en particulier les consommations de tabac, les abus d’alcool et dans une moindre mesure, de substances psycho actives, interviennent dans 30 % de la mortalité précoce (soit avant 65 ans) et évitable..."
Je suis allé regarder le détail de ce plan, sur le site de la MILDT en version complète, ou sous forme de synthèse.
Il me semble très intéressant à plusieurs titres :
- Il met en place un dispositif médical de proximité qui va dans le bon sens, avec le développement de consultations d'addictologie en lien avec les services d'urgences des hôpitaux, et le développement d'équipes de liaison ou de réseaux associant les généralistes. Et il met des moyens supplémentaires dans la formation des professionnels. Je constate tous les jours les difficultés pratiques à prendre en charge les personnes dépendantes,et je ne peux donc qu'approuver ce dispositif.
- Il envisage de développer les services et les pôles d'addictologie. C'est certainement une bonne chose, car on a plus souvent l'habitude de raisonner de manière compartimentée (ainsi les services qui s'adressent aux alcooliques sont souvent des services de maladies digestives incapables de prendre en charge les autres dépendances).
- Il ne vise pas à faire diminuer la consommation d'un produit particulier (l'alcool, le tabac...) ni même celle des produits psychoactifs pris dans leur globalité (les "drogues") , mais il vise tous les comportements de dépendance : aux produits, mais aussi au sport, au travail, au sexe, au jeu pathologique... Et on sait bien maintenant que c'est le même mécanisme qui est à l'oeuvre dans les différents modes de dépendance.
- Il met en place un volet prévention de ces comportements.
C'est malheureusement ce dernier volet qui, malgré la bonne volonté affichée, me semble manquer de souffle. Il prévoit "une grande campagne de communication de 5 millions d'euros début 2007" et "un numéro indigo d’accès unique sur les addictions" (Info Ministère : 0820 03 33 33) . Les numéros d'appel uniques ne sont pas franchement une nouveauté ( il existe déjà Drogues Info Service, Fil santé jeunes,...) et il est rare qu'une campagne de prévention suffise à faire changer les comportements.
Je me sens assez proche des positions de l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie : "Aucune des 26 mesures préconisées ne vise la prévention de proximité, dont on sait pourtant qu’elle est le complément indispensable des mesures législatives comme des grandes campagnes d’information."
Un Mouvement comme le nôtre, qui propose aux jeunes un processus global d'éducation à l'autonomie entre 8 et 20 ans, a certainement des atouts à faire valoir. En France,où nous avons encore une culture assez faible de la prévention et de l'éducation à la santé, nous n'avons pas de complexe à avoir à nous positionner sur ce créneau...et à nous comporter "comme des éclaireurs".
Ce 17 octobre a eu lieu comme tous les ans la Journée mondiale du refus de la misère.
A la radio dans la soirée l'un des intervenants précisait bien les enjeux de cette "actualité": il ne s'agit pas d' "aider les pauvres", mais de mettre en place une société où chaque citoyen a la possibilité de vivre dignement.
Même en France, nous avons des progrès à faire: 3 millions de personnes sans logement ou mal logées, 1 million d’enfants vivant dans la grande pauvreté... (source : Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale,cité dans le dossier de presse). Je vous invite à parcourir le site Internet de la Journée mondiale.
Refuser la misère, un chemin vers la paix ? c'est cet axe inattendu qu'à choisi d'honorer cette année le jury du prix Nobel, en remettant son prix pour l'année 2006 à l'économiste bangladais Muhammad Yunus, l'inventeur du micro crédit. Un économiste qui a un jour fait le choix de prêter à des pauvres des petites sommes sans demander de garanties exorbitantes et à des taux bien inférieurs à ceux couramment pratiqués dans son pays... il a été si bien remboursé que sa banque, la "Grameen Bank"(banque du village), fondée en 1976, a considérablement prospéré,multipliant ses agences à travers le pays et exportant son "modèle" dans d'autres pays.
La Grameen Bank prête des petites sommes (de l'ordre de 50 à 150 dollars),essentiellement aux femmes ( plus de 90%),souvent en groupes. La banque joue la carte de la proximité et fait de ses emprunteurs les "actionnaires" de l'agence.
Un modèle non dépourvu d'ambiguïté, accusé de faire le jeu du capitalisme, de maintenir les pauvres dans un état de dépendance en les incitant à se surendetter, et de faire lui-même du profit. Les taux de la Grameen Bank avoisineraient en effet les 20%, à comparer toutefois aux 100 % demandés par leurs concurrents...
Mais ce modèle me semble intéressant à un double titre: il sort de la logique de l'aide à sens unique, de l'assistance sans contrepartie, et il "donne une chance" à des gens qui n'avaient aucune issue. Il renverse la logique du principe favori des banquiers : "On ne prête qu'aux riches"...
Pourquoi aborder ce sujet ici?
Parce que je vérifie tous les jours dans mon petit cabinet de banlieue français les conséquences importantes que peut avoir en matière de santé la précarité et l'exclusion.
Parce que les premiers besoins de santé à satisfaire sont les besoins de survie avant d'être les besoins d'épanouissement personnel...et que même en France, ils ne sont pas satisfaits pour tout le monde.
Parce que la non satisfaction de ces besoins élémentaires ne va pas dans le sens d'une société humaine et juste.
Parce que les Scouts et Guides de France ont décidé en 2007, à l'occasion du centenaire du scoutisme, d'agir pour la paix...et que cette action peut parfois prendre des couleurs originales.
C'est une manifestation qui se déroule de septembre à décembre 2006 et dont la présentation est la suivante: "L’alcool tient une place particulière en France en raison de son importance économique, historique et culturelle. La dimension conviviale et festive de l’alcool est incontestable et à ce titre, fêtes de famille, pots entre collègues, succès aux examens, promotions...sont autant d’occasions de boire.
Mais l’alcool c’est aussi la 2ème cause de mortalité évitable en France avec 45 000 morts par an. L’alcool agit comme facteur direct ou associé dans l’apparition de nombreuses maladies : cancers, maladies cardiovasculaires, maladies digestives et est aussi impliqué dans les accidents de la route, l’apparition de certains troubles mentaux, les violences.
L’alcool est donc un sujet ambivalent qui ne laisse personne indifférent."
La consommation d'alcool par les jeunes est plus une consommation de fin de semaine, festive et conviviale,qu'une consommation quotidienne. Bière et alcools forts sont les produits les plus consommés, et l'ivresse souvent recherchée.
Ce n'est pas nouveau, mais le phénomène est très répandu et peut poser question . Cf mon article récent sur l'enquête Escapad 2005,ou encore cette synthèse :
"A 17 et 18 ans, un peu plus d’un garçon sur 5 consomme régulièrement de l’alcool, contre environ 7% des filles...L’ivresse régulière (au moins 10 fois dans l’année), quasi-nulle jusqu’à 15 ans, est ensuite très largement masculine : elle concerne 5,1% des garçons et 1,3% des filles de 16 à 17 ans. [ESPAD 2003]. Chez les 17-18 ans, ce sont 11,0% des garçons et 2,9% des filles qui sont concernés [ESCAPAD 2003]."
A 17-18 ans, il y a comme un basculement. Cà correspond à la deuxième partie de la tranche d'âge pionniers-caravelles, au passage aux JEM compagnons ou à l'arrêt du scoutisme, ou à un moment où on vous propose de rentrer en maîtrise louveteaux ou -jeannettes...
Nous sommes donc concernés de près par cette question, et il y a cette actualité: des forums citoyens organisés en octobre-novembre dans les 26 régions de France, avec une synthèse nationale en décembre.
J'ai très envie d'inciter les responsables et cadres scouts qui le souhaitent à s'inscrire aux forums régionaux, ou à participer aux forums Internet appelés à nourrir le débat.
Nous avons bien sûr les forums de LaToileScoute pour en parler: le débat du printemps, et le débat actuel.
Mais nous mêler au débat public,à titre individuel ou en tant que mouvement, me semblerait sacrément intéressant...
