La semaine du goût qui s'est tenue début octobre appelait l'une de ses propositions "les éclaireurs du goût". Un titre que je reprends ici en forme de clin d'oeil.
Sommes-nous des "éclaireurs", capables d'éduquer les jeunes et les moins jeunes à affiner leurs perceptions gustatives?
La question, posée sur laToileScoute, a ouvert quelques pistes intéressantes :
Diversifier, cuisiner naturel :
" Sortir du "poulet frites" dominical (1 foyer sur 3), de la purée en sachet du soir, du plat de nouilles, du macdo du midi.... Proscrire les boites de raviolis. Réintroduire les condiments, tels l'ail, l'oignon, l'echalotte, etc ... c'est 3 fois rien mais ca change vraiment la nature d'un plat .
Monter un four : c'est génial pour faire de la cuisine au camp, et ça se monte très facilement.
Utiliser les produits de la region du camp d'été, les légumes et les fruits de la région et de la saison. "
Expérimenter :
"On peut tout cuisiner en camp (même sur feu de bois) :
- Du vrai poisson en papillote, qu'il faut en plus préparer. C'est ultra simple à faire, les jeunes trouvent ca très drôle, surtout couper les têtes, et finalement : "euh y a qu'une papillote par personne ?"
- Au lieu de faire une escalope avec du riz et la creme aux champignons (mega classique), tu fais une escalope avec du riz, des ananas frits et du curry. Les jeunes sont d'abord surpris, surtout ceux qui préparent sont un peu désarmés, se demandant quel est le rapport entre ces différents ingrédients... puis tu constates que la gamelle est vide, qu'ils en ont tous redemandés.
- Préparez le chili vous même au lieu de l'acheter en boite. Le temps de préparation est à peine plus long, le repas 100 fois meilleur, et le coût 40% moins élevé .
- On est allés jusqu'au saumon grillé au barbecue,super bon... "
Mais rester prudent :
"Il y a aussi prise de risque dans nos super recettes. Et parfois l'audace rate. C'est bien pour çà d'ailleurs qu'il y a toujours des raviolis en joker dans une malle chez moi..."
Quelques savoureux exemples de ratés dans le sujet "délices de saveurs" ...
Manger équitable :
"La cuisine, c'est aussi l'education à ce que j'appelerai le commerce intelligent ; acheter au maximum des produits qui n'ont pas été transportés afin de limiter la pollution dûe aux transports. Utiliser des produits d'agriculture raisonnée, moins chers que le bio, dont le goût est bien meilleur sans pour autant se ruiner. "
Profiter des temps de repas:
"Osons faire des plats qui ont de la gueule, le temps passé n'est surement pas une perte de temps.
Le repas est un moment convivial qui permet de se poser un peu, mais aussi de feter les choses comme il se doit. "
Les repas, un temps d'apprentissage :
"Les jeunes doivent gouter à tout... et on doit les impliquer dans la création des menus, des plats.
Important aussi, il faut faire avec eux. Un jeune ne peut acquérir l'autonomie sans un apprentissage... Aux louveteaux comme aux pionniers, il faut cuisiner avec eux pour les guider dans la créativité et dans l'équilibre alimentaire.
Quand le repas redevient un vrai temps d'activité...Un camp où on mange bien est le premier pas vers la réussite."
Des concours cuisine qui aient du sens:
" pourquoi un concours cuisine ? Ils permettent de sensibiliser les enfants sur l’hygiène, l’équilibre des repas, les saveurs etc… Moi j'ai clairement la réponse : en n'oubliant pas de les accompagner...les activités doivent être au service du projet pédagogique, et pas l'inverse ! "
Des ateliers cuisine:
" Un atelier cuisine avec des scouts, c'est largement aussi éducatif qu'un jeu ou un atelier théatre... travailler en équipe, imaginer, être attentif... apprendre quelques tour de main de cuisine de camp, par exemple à faire une béchamel (ça nourrit les jeunes, çà ne coûte absolument rien et c'est bon), ou faire des sauces curry, guacamole, qui peuvent agrémenter des crudités (tomate, carotte)..."
Le meilleur pour la fin :
" Qu'y a t-il de plus merveilleux de voir à la rentrée des parents venir et dire : je ne sais pas comment vous avez fait, mais depuis le camp, ma fille mange des tomates... "
Dans un prochain article, nous parlerons des déficiences liées au goût, et des rapports entre le goût et les autres perceptions sensorielles.
Parfois l'un d'eux manque ou est altéré. Il peut en résulter pour la personne des incapacités ou des désavantages importants par rapport aux autres.
Les déficiences auditives et visuelles sont les déficiences sensorielles les plus faciles à identifier, sans doute parce que la vue et l'audition sont les capacités le plus souvent sollicitées dans nos sociétés.
Les déficiences du goût, de l'olfaction, du toucher entraînent également des incapacités bien gênantes mais peut-être moins handicapantes dans la vie sociale.
En cas de déficience sensorielle les personnes vont mettre en place au fil du temps des stratégies de développement alternatives, ou "compensatrices" .
Ainsi les personnes malvoyantes perçoivent des bruits imperceptibles pour les autres et ont un sens tactile particulièrement aiguisé. L'écriture Braille est basée sur le toucher.
Les malentendants développent des capacités d' observation qui vont leur permettre de lire sur les lèvres et une gestuelle leur permettant de communiquer à travers le langage des signes.
Le scoutisme se propose d'aider chaque jeune à découvrir ses capacités et à les développer. (cf article précédent)
Dans cette logique il parait tout à fait envisageable de proposer des programmes pour développer les capacités sensorielles bien au-delà de ce qui est couramment pratiqué :
Observer, pas simplement voir.
Ecouter, pas simplement entendre.
Palper, pas simplement toucher.
Savourer, pas simplement manger.
Humer, pas simplement sentir.
La logique d'Arc en ciel nous entraîne parfois loin de la seule question de l'accueil des personnes handicapées.
Nous nous intéresserons successivement à chacun des cinq sens dans nos prochains articles, dans le cadre d'une nouvelle rubrique: développer ses capacités.
La définition traditionnelle du handicap est basée sur la "séquence de Wood" proposée par l'OMS en 1980 :
Les déficiences sont constituées par l'absence ou le mauvais fonctionnement d'une partie du corps ou d'un système: par exemple l'absence d'une jambe, une anomalie oculaire, l'atrophie d'une partie du cerveau...
Les incapacités désignent les difficultés ou impossibilités à réaliser certains actes élémentaires : se tenir debout, voir de loin, s’habiller, parler…
Les désavantages (ou "handicaps" ) désignent des difficultés ou impossibilités à agir dans la vie sociale : conduire une voiture, occuper un emploi à responsabilité, faire du tourisme...
Cette classification va être peu à peu remplacée par une nouvelle classification de l'OMS, la "classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé" ... un nouveau modèle basé sur l'idée que le fonctionnement d'une personne résulte de l'équilibre entre son état de santé et le contexte dans lequel elle vit.
Le scoutisme pour sa part ne s'intéresse pas d'abord aux déficiences ou aux incapacités du jeune, mais à ses capacités :
Le postulat de départ, c'est que chaque jeune a des capacités qu'il s'agit de repérer et de développer... un potentiel de progression important qui ne demande qu'à s'exprimer.
Chaque jeune, pour pouvoir progresser, a aussi des besoins spécifiques d'accompagnement, de soutien, de stimulation... plus ou moins importants.
C'est aux responsables scouts qu'il appartient de répondre au mieux à ces besoins spécifiques, pour permettre à chaque jeune de parvenir à son plein épanouissement.
Le service Handicaps des Scouts et Guides de France propose différentes manières d'ouvrir le scoutisme aux personnes handicapées.
Une série de fiches pratiques détaille ces propositions sous un angle concret. Elles sont mises à disposition en avant première sur le blog avant leur parution.
Vous pouvez y faire des suggestions pour les améliorer en nous envoyant des commentaires.
Liste des fiches pratiques :
1.Au-delà des barrières.
2.Arc en ciel.
3.Vent du large.
4.Projets et rencontres.
5.Partenaires pour agir.
6.Au côté des familles.
7.Bienvenue chez toi.
8.Les mille visages de l’intégration.
9.L’aventure du quotidien.
10. Le jeu scout
11. Progresser ensemble.
12. Handicap, déficience ? quelques repères.
Les 6 premières fiches pratiques :
1. Au-delà des barrières. déjà en ligne
Faire du scoutisme ou du guidisme, c’est possible pour tous les jeunes.
Le service Handicaps des Scouts et Guides de France est là pour nous aider à lever les obstacles qui nous séparent peut être des personnes que l’on dit « handicapées ». Une invitation à changer de regard…
2. Arc en ciel. déjà en ligne
L’Arc en ciel, c’est la diversité des couleurs au sein d’une même lumière… Faire vivre du scoutisme à tous les jeunes en s’appuyant d’abord sur leurs capacités, sans faire une fixation sur ce qui les limite : tel est l’objet de la proposition Arc en ciel. Quelques repères pour mieux vivre ensemble la diversité.
3. Vent du large.
Proposition spécifique faite aux adultes handicapés mentaux de continuer à vivre une expérience épanouissante de scoutisme ou du guidisme, en relation avec des valides. Un service original en direction d’un public trop souvent oublié.
4. Projets et rencontres. déjà en ligne
Toutes les unités peuvent avoir un jour envie de mener un projet à la rencontre des personnes handicapées ou une action de sensibilisation autour du handicap. C’est souvent un bon moyen pour faire évoluer le regard porté par les scouts et guides valides sur les personnes dites « handicapées ». Principales règles à respecter.
5. Partenaires pour agir. déjà en ligne
Scouts et Guides de France agissent au coeur de la cité. De multiples acteurs du monde associatif peuvent nous aider à « lever les barrières » entre les personnes handicapées et nous. Faisons ici leur connaissance et découvrons les multiples pistes d’actions possibles avec eux.
6. Au côté des familles
Nous sommes un espace éducatif complémentaire des familles. Bien connaître les parents des jeunes que nous souhaitons accueillir est indispensable. C’est peut-être encore plus vrai avec les parents de jeunes atteints de déficiences ou de maladies chroniques. Sans oublier les parents des jeunes « valides » avec qui il est important également de dialoguer.
Lorsque nous proposons à des jeunes qui ont une déficience intellectuelle, sensorielle ou physique de devenir scouts ou guides, nous sommes en relation avec des familles , des associations, des éducateurs... nous n'agissons pas seuls.
Les parents peuvent être d'une grande utilité pour nous aider à mieux connaître l'enfant qu'ils nous confient, ses capacités à vivre les activités scoutes et aussi ses limites, son comportement en groupe, les règles à respecter pour que tout se passent bien. Ils doivent être associés à la vie de l'unité et du groupe. Les éducateurs de l'institution dont il est éventuellement issu peuvent être également d'un grand secours.
Mais bien sûr chacun doit rester à sa place : l'activité scoute n'est pas l'activité scolaire ni la vie de famille, c'est une activité spécifique... les parents ne sont pas des chefs scouts, les éducateurs non plus.
C'est une règle valable pour tout partenariat : chacun doit rester lui-même, ce qui n'empêche pas d'agir ensemble :
" Agir avec d’autres, c’est faire le choix d’une efficacité partagée, où chaque partenaire à quelque chose à gagner dans la réussite du projet. De multiples acteurs du monde associatif peuvent nous aider à « lever les barrières » entre les personnes handicapées et nous....
Toute relation de partenariat doit être équilibrée : chacun apporte quelque chose, chacun reçoit en retour. La vraie relation de partenariat est une relation « gagnant gagnant ».
... Avant toute action il faudra fixer le plus clairement possible les règles du partenariat :
ce que chacun s’engage à faire, et ce que chacun retirera de l’opération.
A chacun de créer ses propres projets. "
Tout projet avec des personnes handicapées se fait en partenariat avec d'autres. Les conditions décrites dans l'article sur les actions autour du Téléthon doivent être respectées pour tout partenariat.