Au-delà des barrières             Scoutisme et santé

                                                                                             
 

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Mercredi 31 mai 2006
31 mai, journée mondiale sans tabac.

L'occasion d'un coup de projecteur sur le numéro spécial que publie à cette occasion le bulletin épidémiologique hebdomadaire, BEH, sur le site de l'institut de veille sanitaire. En page 8, nous vous conseillons de lire avec attention l'article de Marie Choquet, épidémiologiste à l'INSERM, qui rappelle  les données actuelles concernant les débuts de la consommation tabagique.

Elle se base sur deux enquêtes validées menées dans différents pays d'Europe, l’enquête HBSC qui concerne les élèves de 11,13 et 15 ans, menée en 2002, et l'enquête ESPAD, pilotée en france par l'INSERM en 2003, et qui fournit des données sur les élèves de 16 ans.

En France, à 11 ans, 12% ont déjà "fumé au moins une fois dans leur vie". Le nombre d'expérimentateurs augmente régulièrement avec l'âge, avec 33 % à 13 ans, et surtout 60 % à 15 ans.  Ce sont les garçons qui commencent le plus précocément, mais entre 13 et 15 ans la proportion de filles dépasse celle des garçons.

La consommation régulière est évaluée en demandant aux adolescents s'ils ont fumé "au moins une cigarette par jour depuis les 30 derniers jours".
En France, moins d'1% des enfants de 11 ans fument quotidiennement, mais 3 % des adolescents de 13 ans, 20 %  des 15 ans et   24 % des 16 ans. Et c'est entre 15 et 16 ans que la proportion de filles qui fument tous les jours dépasse celle des garçons.


L'auteur  constate que la France se situe dans la moyenne des pays européens
et que la proportion de gros fumeurs est d'autant  plus importante que le taux d'expérimentation est élevée. Elle souligne l'évolution à la baisse en France  depuis 4 ans. 

Dans la mesure où l’augmentation avec l’âge se situe surtout entre 13 et 15 ans, notamment pour les filles, l'auteur
conclut en disant que " les actions de prévention devraient se situer prioritairement à cet âge et être différenciées pour garçons et filles."  

Les Scouts et Guides de France  travaillent actuellement à la rénovation de leurs programmes pédagogiques. En matière de santé, aider les jeunes adolescents à ne pas expérimenter, ou à ne pas poursuivre une consommation tabagique semble un objectif pertinent pour la tranche d'âge des 11-15 ans...
Mardi 23 mai 2006

L'idée première de ce blog, c'est de faire avancer les propositions que fait le scoutisme dans le domaine de la santé. Le scoutisme est très certainement en tant que tel un excellent outil de développement physique et affectif...mais il est certainement possible de le rendre encore plus pertinent..

J'ai eu l'occasion avant ou pendant les Rencontres nationales de prendre ou reprendre contact avec différentes personnes qui s'intéressent à ces questions à des titres divers : par leurs engagements professionnels, leur pratique du scoutisme ou leur expérience de vie.

Le moment me semble  venu de mettre en commun les apports de tous ceux qui  souhaitent contribuer à la réflexion. Les projets en cours sont nombreux :

-  Soutenance en juin de la  thèse de médecine de Laurence Bardy,qui est intervenue sur l'une des Tables rondes des Rencontres nationales. Elle a mené en 2005 une enquête sur les soins dispensés en camp, auprès de 200 camps du scoutisme français. Des bases qui seront probablement très utiles pour faire des propositions de fond.

-  Présence fin juillet au Jamboree des 11-15 ans : 
. La coordination sanitaire y sera assurée par Xavier Courtois, médecin et responsable du   groupe local d'Annecy. Il cherche encore à compléter son équipe, avis aux amateurs.
. Contribution à l'enrichissement des animations "sport et santé" des espaces Talents du Jamboree: un bon moyen d'imaginer de nouveaux outils d'animation et de sensibiliser en direct les préadolescents présents au Jamboree.
. Travail sur les rôles en lien avec la santé (soigneur-infirmière-entraîneur...) : chacun des jeunes recevra avant le camp un dossier pour l'aider à réussir son rôle au coeur de sa patrouille, d'abord au camp, puis au Jamboree. Sur place un débriefing sera organisé pour ces rôles-santé dans les Points Ecoute prévus par l'organisation.

-  Demandes d'approfondissement des formations dispensées sur le plan sanitaire aux pionniers-caravelles et Compagnons JEM partant à l'étranger: notamment thèmes à travailler autour de la grippe aviaire, des tiques en Europe de l'Est, des pharmacies d'équipe et d'unité...

- Elaboration d'une parole autour des questions de consommation d'alcool et de cannabis (et des autres "conduites à risques") dans les suites de la table ronde des rencontres nationales sur ce sujet. Il s'agit de donner quelques repères aux adultes du Mouvement pour mieux gérer ces situations.

- Participation à l'élaboration des nouvelles propositions pédagogiques du Mouvement : ce travail a démarré à l'automne et il doit durer jusqu'en 2007-2008. L'éducation à la santé est l'un des domaines éducatifs privilégiés par le scoutisme depuis les origines. Il y a donc une réflexion de fond à mener pour que les programmes éducatifs des différentes branches prennent bien en compte cette dimension.

- Conception de formations pour les assistants sanitaires:  actuellement les formations existantes se résument à l'AFPS, ce qui est notoirement insuffisant... L'idée serait de mettre en place des formations spécifiques aux assistants sanitaires du Mouvement, basées non seulement sur la prise en compte des soins d'urgence mais aussi  sur la mise en place à travers la vie scoute des programmes d'éducation à la santé du mouvement.

Bref, il y a de quoi faire...

Comment çà va marcher?  l'idée c'est de partager nos idées et nos réflexions entre nous, et de créer un réseau de personnes ressources utiles au Mouvement.

Le réseau sera "à géométrie variable" : ceux qui souhaitent simplement être informés, ceux qui souhaitent participer à la réflexion (un espace spécifique sera créé sur Internet, en principe avec le concours de LaToileScoute), et ceux qui ont du temps ou de l'énergie pour s'investir davantage (en participant à certains événements par exemple)

Les visiteurs de ce blog qui seraient intéressés peuvent me le signaler en envoyant un commentaire en bas de cet article, je reprendrai contact avec eux.

par Dominique SOLAZZI publié dans : La lettre du blog
Mardi 16 mai 2006
Le dimanche 7 mai ont eu lieu à Jambville pendant les Rencontres nationales une série de tables rondes sur le scoutisme et la santé.

Trois tables rondes, l'une sur les enjeux éducatifs représentés par la santé des jeunes en 2006, une autre sur la santé en camp, une troisième sur les consommation d'alcool, de tabac et de cannabis.
Les débats ont été riches et animés. Ils  vont nourrir les articles du blog dans les prochaines semaines.

Aujourd'hui coup de projecteur sur le dispositif Fil Santé Jeunes. La coordinatrice de Fil Santé Jeunes, Marie-Catherine SCHICK, a participé à l'un des débats.

Qu'est-ce que Fil Santé Jeunes ? un dispositif public à la disposition  des jeunes, créé à l'initiative de l'Ecole des Parents et Educateurs d' Ile de France, qui a reçu en 1995 une double mission :
-  Proposer aux jeunes écoute, information et orientation  dans le domaine de leur santé, à travers une plateforme téléphonique (0800 235 236) et un site Internet .
- Etre un observatoire national des difficultés des jeunes en matière de santé.

L'approche de Fil Santé jeunes est intéressante car elle s'appuie sur un contact direct avec des jeunes qui ont pris eux-même l'initiative d'appeler.
Quelques chiffres pour fixer les idées : 

- Fil Santé Jeunes est ouvert tous les jours y compris les dimanches et jours fériés  de 8 heures à minuit.
-  En 2005, Fil Santé Jeunes, c'est 900 appels par jour.
Sur ces 900 appels, plus de 30% ont donné lieu à un entretien d'écoute et de soutien. Comme sur toutes les plateformes téléphoniques le nombre d'appels muets est important (29%), le nombre de plaisanteries ou d'injures aussi ( 40%). Mais l'équipe de Fil santé jeunes considère ces appels comme un premier contact, une première étape vers un entretien plus élaboré qui a parfois lieu d'ailleurs dans les minutes qui suivent : "tout à l'heure, c'était nous, mais maintenant, on est sérieux..."
Le site Internet, lancé en 2001, reçoit plus de 700 visites
par jour (pour 6000 pages consultées) .
- Fil Santé Jeunes, c'est 35 écoutants spécialement formés à leur mission, professionnels de santé qui y travaillent une partie de leur temps. C'est en tout 18 équivalents temps plein hors encadrement administratif et clinique.
- Ce sont surtout les filles qui appellent: 77%. (âge moyen des filles 16 ans, des garçons 18 ans).Plus de 80% des appelants sont scolarisés.

Les grands principes de l'approche de Fil Santé Jeunes sont les suivants:

- Ecoute : l'écoute est attentive, empathique, mais elle n'est en aucun cas une thérapie. Elle ouvre vers d'autres, invite à entreprendre, envoie vers des interlocuteurs de proximité. l'écoute a un cadre, des limites, une durée limitée qui évite de s'embarquer dans de longs discours qui ne conduisent nulle part.
- Anonymat : condition indispensable pour ne pas se dévoiler, et  parler de soi librement sans être vraiment soi, en jouant éventuellement avec son identité, et libéré de son  apparence physique . Il permet de franchir "la barrière de la parole".
- Non suivi : la virtualité même du contact téléphonique, si elle permet d'échanger  rapidement des propos très personnels et très impliquants,porte en elle ses limites. Il est dangereux de faire croire à l'appelant qu'une relation suivie peut s'instaurer avec une personne idéale rencontrée au bout d'un fil. Si  nécessaire, Fil Santé Jeunes oriente vers d'autres, mais ne propose qu'exceptionnellement un réappel.
- Procédures d'urgence : dans certains cas, une levée de l'anonymat est explicitement prévue. Ce sont les cas d'urgences médicales, les tentatives de suicide agies et en cours, les situations de maltraitance ou de mise en danger imminentes. Ce sont des situations rares et qui relèvent de l'assistance à personne en danger.

Dans un prochain article, j'aborderai la question des thématiques prises en charge par Fil Santé Jeunes, et les domaines dans lesquels une collaboration des Scouts et Guides de France est possible avec eux.

par Dominique SOLAZZI publié dans : Projets et rencontres
Vendredi 12 mai 2006
J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Et puis je me suis dit que les réflexions sur la vie qui s’écoule, le temps qui passe...n’étaient pas sans rapport avec la santé. Et je l’ai classé dans la rubrique "développer ses capacités".

Ce fut une journée comme les autres.
Une journée à essayer de soigner petits et grands bobos de l’âme ou du corps, avec la modestie attendue des petits médecins de quartier.
Une journée de rencontres banales ou stimulantes.

Le 10 mai a été choisi comme date de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Un bon choix pour cette date où je commémore habituellemnt plus modestement...mon anniversaire.
Ce 10 mai, il se trouve que j’ai eu cinquante ans. Une journée comme les autres, avec quand même quelques  drôles d’images qui m’ont traversé l’esprit :

Celle de ce vieux monsieur de 85 ans qui vient  me consulter une fois par an pour me raconter ses exploits vélocipédiques : ce qui le fait vivre, c’est de continuer à grimper les cols dans les Alpes. Il me fait parfois frémir quand il me raconte les vertiges qui l’obligent à rectifier la trajectoire dans les descentes. Il est en tout cas peu motivé à venir me fréquenter souvent et il a bien raison.

C’est aussi le souvenir  peu  réjouissant  d’un ami emporté en pleine vie  par un cancer à l’âge de 29 ans il y a bien longtemps de çà...ou de cet autre ami qui décida d’en finir le jour de l’anniversaire de ses 47 ans, comme si la vie avait épuisé la réserve de bonheur et de promesses qu’elle lui réservait.…

C'est aussi l’image récurrente d’un Théodore Monod qui à 90 ans parcourait toujours le désert en long en large ! c’est l’horizon que je préfère avoir en tête.

J’ai souvent pensé qu’être adulte, c’était prendre les moyens de réaliser ses rêves d’adolescents.
Quand j’étais enfant je m’imaginais en écrivain, adulte j’écris un blog et des articles reformatés par d’autres pour des revues éphémères...

Quand j’étais adolescent je voulais voyager et faire des choses avec les autres.
J’ai eu un aperçu aventureux du Tchad et du Cameroun en 1986, immersion brutale dans les pays du tiers monde.
J’ai  aussi fait quelques voyages familiaux très instructifs, je pense notamment à ces séjours en Tunisie et dans le Sud Maroc qui m’ont aidé à bien sortir de l’ occidentalo-centrisme.
J’ai animé des missions pour le compte des scouts,au Sénégal plusieurs fois et en Mauritanie.
Mais je ne suis jamais devenu volontaire à l'étranger ni médecin sans frontières.
A défaut de voyager moi-même j’ai participé à la structuration des préparations au départ des compagnons partant à l’étranger…
A présent je suis administrateur au SCD, sans être jamais parti comme volontaire. Peut-être qu’un jour ils m’enverront en mission quelque part.

Faire médecine n’a jamais été une vocation précoce, ni même quelque chose qui m’attirait.
A 18 ans, j’étais…indécis, peinant à faire de mes rêves des projets.
Je me suis engagé là-dedans sur une vague envie de m’occuper des autres, et parce que çà reportait le moment de choisir, car il y a mille et une manières d'exercer ce métier...
Et finalement c’est ce que j’ai eu la chance de faire :  médecin urgentiste pendant une quinzaine d’années, dans l’instantané et dans l’exigence extrême d’être au quotidien à 100% performant pour « sauver des vies » (!); puis une parenthèse de 4 ans comme permanent chez les scouts auprès de la branche aînée ; et depuis 7 ans une pratique de la médecine de soins « généraliste » et de proximité : après l’instantanéité, la découverte de la valeur du temps pour faire évoluer les comportements.
J’aimerais bien que la dernière phase de mes engagements professionnels soit davantage  orientée vers la formation, la prévention, l’éducation… dans le domaine de la santé publique, il y a beaucoup à faire.

C’est çà, passer d’un jour à l’autre du statut de quadragénaire à celui de quinquagénaire : çà vous met  plein de choses dans la tête...

Je mesure tous les jours la chance que j’ai d’avoir été jusqu’ici épargné par les maladies graves et par les accidents.
Un patient de 69 ans que j’ai vu ce jour-là, arménien de son état, se préparait à partir en Arménie ; il me confiait qu’il faisait toujours plein de choses mais plus forcément au même rythme qu’avant, et qu’il était devenu beaucoup plus prudent, beaucoup moins tout fou… je constate avec un peu d’inquiétude tout de même que c’est à partir de 50 ans qu’on resserre l’étau des mesures de santé préventives à prendre « car le risque est statistiquement beaucoup plus important à partir de 50 ans ».

Dans certains pays, à 50 ans, on est un vieillard. Mais au moins sous nos latitudes, l’espérance de vie a augmenté de manière considérable depuis une génération. Le nombre de personnes d’âge mûr et de personnes âgées est en pleine progression, et elles sont pour la plupart dans un état de santé satisfaisant. Nos mentalités n’ont pas encore bien intégré ce choc culturel important mais il va bien falloir le faire…

Je pense de plus en plus que c’est l’acceptation de soi-même et les projets qu’on a qui font vivre.
J’aime bien le concept récent (et parfois controversé ) de résilience. Cette aptitude à, comme le roseau , « plier mais ne pas rompre » face aux difficultés et aux épreuves que la vie peut vous réserver.  C’est une qualité qu’on retrouve dans une maxime un peu désuète que le scoutisme remet parfois en avant : « le scout sourit dans les difficultés ».  La résilience est une aptitude qu’il me semble important de cultiver.

Je ne sais pas si j’ai pris ou non un coup de vieux le jour de mes cinquante ans. Peut-être dans le regard des autres. Certains symptômes  m’inquiètent quand même: quand on est vieux, on devient susceptible.
Or j’ai failli étrangler ma fille de 11 ans quand elle  m’a dit le jour de mon anniversaire  d’un air malicieux : « papa, t’as cinquante ans ou t’as soixante ans ? ». Les enfants sont sans pitié.

C'est grave, docteur? je vais me soigner, promis.


Vendredi 5 mai 2006
A partir de demain 6 mai, et jusqu'au lundi 8 mai, auront lieu à Jambville les premières Rencontres nationales des Scouts et Guides de France.

Ce sera un événement : plus de 5000 jeunes adultes, responsables ou membres de la branche aînée, rassemblés pour poser les bases d'un nouveau mouvement.  Un mouvement qui est déjà le plus important  mouvement d'éducation populaire en France à l'heure actuelle.

Pour ceux de nos visiteurs qui souhaiteraient en savoir plus, et même suivre le déroulement du rassemblement en direct, un site spécifique a été créé pour relayer l'événement. 

Pour ce qui concerne la santé, trois tables rondes auront lieu sur ce thème le dimanche 7 mai:

Santé des jeunes : enjeux actuels, réponses du scoutisme.
une réflexion pour construire ensemble de nouvelles réponses éducatives, avec Marie-Catherine SCHICK, coordinatrice du Fil Santé Jeunes.

La santé en camp : constats, perspectives.
A partir de l’enquête faite par Laurence BARDY pour sa thèse de médecine, quelques pistes pour mieux prendre en compte la santé de chacun  pendant les camps d’été.

Laurence Bardy a mené au cours de l'été 2005 une enquête auprès de 206 camps scouts sur les diffrents types de soins mises en oeuvre dans les camps.
 
Alcool, tabac, cannabis : vers une parole de Mouvement .
Des consommations qui interpellent, un positionnement difficile à trouver. une réflexion pour construire ensemble de nouvelles réponses éducatives, avec François CORDIER , prêtre et médecin dans un Centre Spécialisé de Soins pour Toxicomanes (CSST).

François CORDIER a exercé pendant une période des responsabilités au sein du service international des Scouts de France, et il est actuellement aumônier d'un groupe Mosaïque.


par Dominique SOLAZZI publié dans : Projets et rencontres
 
 
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