Au-delà des barrières             Scoutisme et santé

                                                                                             
 

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Mercredi 7 juin 2006
Table ronde il y a un mois  à Jambville avec Marie-Catherine SCHICK, coordinatrice de  Fil Santé Jeunes, dans le cadre des Rencontres nationales...
Un premier article vous a présenté les grand principes de l'écoute mise en place par ce dispositif.
Aujourd'hui, je voudrais revenir sur les principales thématiques auxquelles renvoie "la santé des jeunes" à travers ce qu'ils expriment aux écoutants anonymes de Fil Santé Jeunes.


Comme le dit le document de synthèse remis aux participants à la table ronde, " les adolescents contactent Fil Santé Jeunes pour parler de leur santé. Sous ce terme, ils entendent corps, sexualité, intimité...la ligne s'affiche comme généraliste, aucun symptôme n'est mis en avant."  C'est effectivement la différence avec d'autres dispositifs comme "Drogue Info service" par exemple...

Les différents thèmes abordés sont les suivants (données 2005) :

Sexualité et contraception (38% des appels) : « demain, c’est la première fois » (premier baiser, premier rapport sexuel) « j’ai oublié ma pilule » « j’ai eu une relation sexuelle non protégée »…
Les  questions se posent sans pudeur du fait de l’anonymat : demandes d’informations sur la contraception, notamment la contraception d’urgence (demandes croissantes depuis qu’il existe des produits en  vente libre) ; beaucoup de questions sur le préservatif,la grossesse, l’avortement... un sujet qui reste assez tabou entre les jeunes eux-mêmes.
Les appels des filles tournent à 58% autour des questions de contraception, les appels des garçons sont plus souvent en rapport avec la sexualité (54%) ; parfois, les appels se font à deux (contraception d’urgence notamment).

Difficultés relationnelles (23% des appels) : plus de la moitié des appels  concerne la question des relations amoureuses.  Pour beaucoup de 13-14 ans revient la question du « comment séduire ? », comment explorer de nouvelles relations sexuelles et affectives sans remettre en question l’affection familiale toujours indispensable…plus tard le registre est souvent plus douloureux,ce sont souvent des chagrins d’amour qui s’expriment.
Des situations de rupture à ne pas prendre à la légère à l’adolescence  car elles peuvent avoir dans certains cas des conséquences graves. Les autres thèmes abordés concernent les relations avec  les pairs, les parents, les frères et sœurs…ou les difficultés en lien avec l’école ou les premières expériences professionnelles.

Difficultés psychologiques (15% des appels) : ce sont ici des appels qui révèlent un mal-être ou des troubles du comportement qui peuvent s’avérer graves : l’envie de rien, la dépréciation,  l’incapacité à se concentrer, les alcoolisations ou la consommation individuelle de cannabis, les fugues, les troubles des conduites alimentaires, la dépression, les tentatives de suicide…
Parmi ces appels,31% expriment un mal être, une dépressivité , et 19% des angoisses suffisamment intenses pour perturber la vie quotidienne.
Les appels portant sur les troubles du comportement alimentaire ou sur l’image du corps concernent essentiellement les filles, la consommation de produits ou l’identité sexuelle davantage les garçons.
3% des appels sont en relation avec des violences  subies.

Problèmes somatiques (19 % des appels) : ce sont des demandes d’information dans la moitié des cas (ou de confirmation de ce qu’ils ont entendu dans les médias ou de ce qu’on leur a dit dans une consultation médicale). S’y exprime la peur du cancer, la crainte par rapport au SIDA et aux MST, et différentes plaintes somatiques : rien ne marche pour mes boutons, j’ai mal à la tête tous les jours… L’écoutant oriente le plus souvent le jeune vers un médecin, rappelle que seule une consultation de face à face peut permettre un diagnostic et une prescription, et encourage le dialogue avec les parents.

Problèmes d’ordre social (5%) : ce sont surtout des demandes d’information ou d’orientation (problèmes de travail, de logement, couverture sociale…)

Ce que je trouve particulièrement révélateur, c'est l'importance des appels en rapport à la sexualité et aux relations amoureuses : en recoupant les données présentées ici, c'est à peu près 50% des appels. Sur le forum Internet, c'est encore plus. Et bon an mal an, dans toutes les statistiques faites par Fil Santé Jeunes, on arrive aux mêmes résultats. C'est d'autant plus significatif que l'expression des adolescents est ici directe, volontaire, dans un anonymat qui favorise la confidence.
A l'heure où les Scouts et Guides de France travaillent dans le cadre de leur rénovation pédagogique à donner du contenu  à un nouveau domaine de développement, le développement affectif, ce constat n'est pas sans intérêt...l'affectivité est clairement mise en relation avec la santé par les jeunes eux-mêmes,et cantonner l'éducation à la santé aux seules problématiques du développement physique serait un non sens.

Que peut nous apporter, à nous, Scouts et Guides de France, une collaboration avec Fil Santé Jeunes? c'est la question à laquelle j'essayerai de répondre dans un prochain article.

par Dominique SOLAZZI publié dans : Projets et rencontres
 
 
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