Je me permets de reprendre ici un article de 100% Piment (le magazine des 17-21 ans) de juillet 2006, et les commentaires qu'en fait Sébastien Fays, de l'équipe nationale mousse, qui reprend l'article sur son blog . N'hésitez pas à donner votre avis...
"... Nous sommes devenus animateurs du relais alors constitué de deux équipes.
Nous nous sommes vite rendus compte que la vie de cette petite communauté était rythmée par des traditions: dîners fins entre parents et soirées arrosées et « fumeuses » chez les jeunes. Surpris, choqués au début nous pensions que cela allait leur passer en grandissant. Mais d'une consommation sociale, qui semblait n'inquiéter personne d'autre que nous et une minorité de parents qui n'étaient pas concernés directement par le problème, quelques jeunes ont basculé vers des comportements extrêmes en groupe et une consommation d'alcool individuelle régulière.
Nous nous sommes posés bien des questions sur notre accompagnement: de rencontres individuelles en sermons, de chartes d'équipe en réunions «engueulades», cela ressemblait parfois à du flicage. Car si les anirel doivent arrondir les angles, tenter de comprendre ce qui se passe, ils ne peuvent pas cautionner des attitudes déviantes, qui mettent la vie de jeunes en danger et risquent d'entraîner des plus jeunes. Alors, nous avons tenté d'en parler aux parents : réactions mitigées, allant du soutien affiché au refus d'en parler: « Vous dramatisez» ; « C'est partout pareil ».
La moitié des jeunes que nous avons accompagnés au cours de nos quatre années de mandat a été concernée par l'alcool à des degrés divers. La plupart s'en sort très bien et nous avons le plaisir d'en revoir certains: rigueur et exigence porteraient-ils finalement leurs fruits ? Mais quid des quelques uns qui ont du mal à lâcher, à se structurer et à assumer des responsabilités ?
Notre cas est loin d'être isolé, des «histoires», des accidents survenus à cause de consommation excessive d'alcool se racontent dans le réseau. Apprenant récemment deux cas de coma éthylique, nous avons accepté de prendre la parole. Nos jeunes ne sont pas différents des autres, il n'est donc pas étonnant que les groupes scouts soient confrontés à ces difficultés. Ce qui n'est pas normal, c'est que nous fassions la politique de l'autruche parce que nous avons peur d'être stigmatisés ou parce que nous ne savons pas comment traiter le problème. N'est-ce pas plutôt l'inverse qui serait montré en exemple : prendre la parole et nous positionner en tant qu'éducateurs ?
Nous sommes convaincus qu'à l'âge compas, il est important de valoriser les initiatives individuelles. On a tendance à parler de l'équipe dans sa globalité et à se satisfaire de réalisations parfois bien médiocres. Mais notre mission ne consiste-t-elle pas à valoriser les jeunes qui ont mené jusqu'au bout des actions significatives à titre individuel? Cela les encourage et leur permet d'avoir suffisamment confiance en eux pour dire non aux copains qui dérapent, créer une dynamique et tirer l'équipe vers la réussite.
Non, nous ne sommes pas spécialistes, mais, maillon d'une chaîne d'éducation, nous devons tout mettre en œuvre pour les aider à grandir et, aussi, les protéger. Qu'attendons-nous pour aborder ces sujets en équipe?" (d'après des propos recueillis auprès d'anciens anirels).
Le point de vue de Sébastien :
"Malheureusement, oui la jeunesse a un problème avec l'alcool et quelques dérivés, et ce problème s'est aggravé ces dernières années, et rapidement. Le plus grave dans cette histoire est le tabou autour de cette thématique. Mais c'est normal qu'ils se bourrent la g**** en soirée !
"... Nous sommes devenus animateurs du relais alors constitué de deux équipes.
Nous nous sommes vite rendus compte que la vie de cette petite communauté était rythmée par des traditions: dîners fins entre parents et soirées arrosées et « fumeuses » chez les jeunes. Surpris, choqués au début nous pensions que cela allait leur passer en grandissant. Mais d'une consommation sociale, qui semblait n'inquiéter personne d'autre que nous et une minorité de parents qui n'étaient pas concernés directement par le problème, quelques jeunes ont basculé vers des comportements extrêmes en groupe et une consommation d'alcool individuelle régulière.
Nous nous sommes posés bien des questions sur notre accompagnement: de rencontres individuelles en sermons, de chartes d'équipe en réunions «engueulades», cela ressemblait parfois à du flicage. Car si les anirel doivent arrondir les angles, tenter de comprendre ce qui se passe, ils ne peuvent pas cautionner des attitudes déviantes, qui mettent la vie de jeunes en danger et risquent d'entraîner des plus jeunes. Alors, nous avons tenté d'en parler aux parents : réactions mitigées, allant du soutien affiché au refus d'en parler: « Vous dramatisez» ; « C'est partout pareil ».
La moitié des jeunes que nous avons accompagnés au cours de nos quatre années de mandat a été concernée par l'alcool à des degrés divers. La plupart s'en sort très bien et nous avons le plaisir d'en revoir certains: rigueur et exigence porteraient-ils finalement leurs fruits ? Mais quid des quelques uns qui ont du mal à lâcher, à se structurer et à assumer des responsabilités ?
Notre cas est loin d'être isolé, des «histoires», des accidents survenus à cause de consommation excessive d'alcool se racontent dans le réseau. Apprenant récemment deux cas de coma éthylique, nous avons accepté de prendre la parole. Nos jeunes ne sont pas différents des autres, il n'est donc pas étonnant que les groupes scouts soient confrontés à ces difficultés. Ce qui n'est pas normal, c'est que nous fassions la politique de l'autruche parce que nous avons peur d'être stigmatisés ou parce que nous ne savons pas comment traiter le problème. N'est-ce pas plutôt l'inverse qui serait montré en exemple : prendre la parole et nous positionner en tant qu'éducateurs ?
Nous sommes convaincus qu'à l'âge compas, il est important de valoriser les initiatives individuelles. On a tendance à parler de l'équipe dans sa globalité et à se satisfaire de réalisations parfois bien médiocres. Mais notre mission ne consiste-t-elle pas à valoriser les jeunes qui ont mené jusqu'au bout des actions significatives à titre individuel? Cela les encourage et leur permet d'avoir suffisamment confiance en eux pour dire non aux copains qui dérapent, créer une dynamique et tirer l'équipe vers la réussite.
Non, nous ne sommes pas spécialistes, mais, maillon d'une chaîne d'éducation, nous devons tout mettre en œuvre pour les aider à grandir et, aussi, les protéger. Qu'attendons-nous pour aborder ces sujets en équipe?" (d'après des propos recueillis auprès d'anciens anirels).
Le point de vue de Sébastien :
"Malheureusement, oui la jeunesse a un problème avec l'alcool et quelques dérivés, et ce problème s'est aggravé ces dernières années, et rapidement. Le plus grave dans cette histoire est le tabou autour de cette thématique. Mais c'est normal qu'ils se bourrent la g**** en soirée !
Moui mais est ce normal que ce soit à chaque soirée ? Qu'une bonne soirée soit une soirée avec picolle ? Est ce normal que cela se reproduise toutes les semaines ? Est ce même normal que parfois ils boivent seuls, ou à deux ... hors de soirées ? Que cherchent-ils dans cette conduite déviante ?
Ce sujet est un sujet à aborder dans le mouvement, qui, je pense, a un vrai rôle à jouer dans cette thématique. Mais le défi est grand ! Bon nombre de chefs sont loin d'être au clair avec leur consommation d'alcool eux même. Il suffit pour cela de voir les réactions quand on parle de ne pas boire une biere en cinquième ..."
par Dominique SOLAZZI
publié dans :
Revue de presse