Il avait précédemment suivi de près la rédaction dans son association d'un document intitulé "des enfants extraordinaires" dont voici un extrait:
" Dans ce cahier, nous voulons vous aider à mieux découvrir ceux que nous avons
appelés les enfants “extra-ordinaires”.
Ces enfants sont atteints d’une déficience physique ou mentale, une spécificité qui leur est propre et avec laquelle ils construisent leur vie envers et contre tout.
Ils déploient souvent une énergie, elle aussi “extraordinaire” pour se débrouiller, pour mettre en oeuvre des stratégies compensatoires à leur handicap et pour s’intégrer.Pensons à ces peintres sans bras, dont les oeuvres d’art figurent chaque année sur les cartes de voeux...
Dans ce cahier, nous voulons vous proposer des pistes pour pouvoir - mais aussi tout d’abord pour oser - réussir l’intégration de ces enfants et adolescents dans nos unités scoutes “ordinaires”. "
C'est tout le contenu de ce document que nous vous invitons à découvrir : nos amis belges ont une manière bien à eux de présenter les choses, mais laissons- nous conduire et nous y apprendrons beaucoup.
Des enfants extraordinaires dans nos unités ordinaires? un message à méditer...
La définition traditionnelle du handicap est basée sur la "séquence de Wood" proposée par l'OMS en 1980 :
Les déficiences sont constituées par l'absence ou le mauvais fonctionnement d'une partie du corps ou d'un système: par exemple l'absence d'une jambe, une anomalie oculaire, l'atrophie d'une partie du cerveau...
Les incapacités désignent les difficultés ou impossibilités à réaliser certains actes élémentaires : se tenir debout, voir de loin, s’habiller, parler…
Les désavantages (ou "handicaps" ) désignent des difficultés ou impossibilités à agir dans la vie sociale : conduire une voiture, occuper un emploi à responsabilité, faire du tourisme...
Cette classification va être peu à peu remplacée par une nouvelle classification de l'OMS, la "classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé" ... un nouveau modèle basé sur l'idée que le fonctionnement d'une personne résulte de l'équilibre entre son état de santé et le contexte dans lequel elle vit.
Le scoutisme pour sa part ne s'intéresse pas d'abord aux déficiences ou aux incapacités du jeune, mais à ses capacités :
Le postulat de départ, c'est que chaque jeune a des capacités qu'il s'agit de repérer et de développer... un potentiel de progression important qui ne demande qu'à s'exprimer.
Chaque jeune, pour pouvoir progresser, a aussi des besoins spécifiques d'accompagnement, de soutien, de stimulation... plus ou moins importants.
C'est aux responsables scouts qu'il appartient de répondre au mieux à ces besoins spécifiques, pour permettre à chaque jeune de parvenir à son plein épanouissement.
Le service Handicaps des Scouts et Guides de France propose différentes manières d'ouvrir le scoutisme aux personnes handicapées.
Une série de fiches pratiques détaille ces propositions sous un angle concret. Elles sont mises à disposition en avant première sur le blog avant leur parution.
Vous pouvez y faire des suggestions pour les améliorer en nous envoyant des commentaires.
Liste des fiches pratiques :
1.Au-delà des barrières.
2.Arc en ciel.
3.Vent du large.
4.Projets et rencontres.
5.Partenaires pour agir.
6.Au côté des familles.
7.Bienvenue chez toi.
8.Les mille visages de l’intégration.
9.L’aventure du quotidien.
10. Le jeu scout
11. Progresser ensemble.
12. Handicap, déficience ? quelques repères.
Les 6 premières fiches pratiques :
1. Au-delà des barrières. déjà en ligne
Faire du scoutisme ou du guidisme, c’est possible pour tous les jeunes.
Le service Handicaps des Scouts et Guides de France est là pour nous aider à lever les obstacles qui nous séparent peut être des personnes que l’on dit « handicapées ». Une invitation à changer de regard…
2. Arc en ciel. déjà en ligne
L’Arc en ciel, c’est la diversité des couleurs au sein d’une même lumière… Faire vivre du scoutisme à tous les jeunes en s’appuyant d’abord sur leurs capacités, sans faire une fixation sur ce qui les limite : tel est l’objet de la proposition Arc en ciel. Quelques repères pour mieux vivre ensemble la diversité.
3. Vent du large.
Proposition spécifique faite aux adultes handicapés mentaux de continuer à vivre une expérience épanouissante de scoutisme ou du guidisme, en relation avec des valides. Un service original en direction d’un public trop souvent oublié.
4. Projets et rencontres. déjà en ligne
Toutes les unités peuvent avoir un jour envie de mener un projet à la rencontre des personnes handicapées ou une action de sensibilisation autour du handicap. C’est souvent un bon moyen pour faire évoluer le regard porté par les scouts et guides valides sur les personnes dites « handicapées ». Principales règles à respecter.
5. Partenaires pour agir. déjà en ligne
Scouts et Guides de France agissent au coeur de la cité. De multiples acteurs du monde associatif peuvent nous aider à « lever les barrières » entre les personnes handicapées et nous. Faisons ici leur connaissance et découvrons les multiples pistes d’actions possibles avec eux.
6. Au côté des familles
Nous sommes un espace éducatif complémentaire des familles. Bien connaître les parents des jeunes que nous souhaitons accueillir est indispensable. C’est peut-être encore plus vrai avec les parents de jeunes atteints de déficiences ou de maladies chroniques. Sans oublier les parents des jeunes « valides » avec qui il est important également de dialoguer.
Lorsque nous proposons à des jeunes qui ont une déficience intellectuelle, sensorielle ou physique de devenir scouts ou guides, nous sommes en relation avec des familles , des associations, des éducateurs... nous n'agissons pas seuls.
Les parents peuvent être d'une grande utilité pour nous aider à mieux connaître l'enfant qu'ils nous confient, ses capacités à vivre les activités scoutes et aussi ses limites, son comportement en groupe, les règles à respecter pour que tout se passent bien. Ils doivent être associés à la vie de l'unité et du groupe. Les éducateurs de l'institution dont il est éventuellement issu peuvent être également d'un grand secours.
Mais bien sûr chacun doit rester à sa place : l'activité scoute n'est pas l'activité scolaire ni la vie de famille, c'est une activité spécifique... les parents ne sont pas des chefs scouts, les éducateurs non plus.
C'est une règle valable pour tout partenariat : chacun doit rester lui-même, ce qui n'empêche pas d'agir ensemble :
" Agir avec d’autres, c’est faire le choix d’une efficacité partagée, où chaque partenaire à quelque chose à gagner dans la réussite du projet. De multiples acteurs du monde associatif peuvent nous aider à « lever les barrières » entre les personnes handicapées et nous....
Toute relation de partenariat doit être équilibrée : chacun apporte quelque chose, chacun reçoit en retour. La vraie relation de partenariat est une relation « gagnant gagnant ».
... Avant toute action il faudra fixer le plus clairement possible les règles du partenariat :
ce que chacun s’engage à faire, et ce que chacun retirera de l’opération.
A chacun de créer ses propres projets. "
Tout projet avec des personnes handicapées se fait en partenariat avec d'autres. Les conditions décrites dans l'article sur les actions autour du Téléthon doivent être respectées pour tout partenariat.
D'autres actions ou projets sont possibles dans le domaine du handicap.
La fiche pratique "projets et rencontres"
donne quelques pistes: Agir pour l’accessibilité: faire expérimenter aux plus jeunes l’accessibilité réelle du quartier, des commerces, des lieux publics, aux personnes en fauteuil roulant…proposer des améliorations par une exposition photos, des dessins, des projets imaginés par scouts ou les guides...
Rompre l’isolement d’enfants hospitalisés à la suite d’une maladie chronique ou en rééducation après un accident : en correspondant avec eux, en leur rendant visite, en les aidant aux devoirs ou en leur proposant une animation…
Proposer ses services à une association spécialisée ou un institut médico-éducatif, ponctuellement ou de manière répétée pour nouer des liens plus forts : goûter de Noël, activité théâtrale, musicale ou manuelle, jeux de société un fois par semaine...
Faciliter l’accès aux loisirs : les JEM et les compagnons peuvent dans certaines conditions aider des personnes handicapées à vivre des loisirs comme tout le monde : ski adapté, accompagnement en randonnée ou en voyage, tandem…
Ce type de camp, pendant les vacances de Noël, de printemps ou d'été, peut être une passerelle vers la pratique du scoutisme tout au long de l'année.
Cette liste de propositions n'est pas exhaustive...voir par exemple ce qu'a fait le poste pionnier de Bruges le Bouscat l'été dernier. C'est à chacun d'imaginer des actions.