Le gouvernement vient d'annoncer la mise en place d'un plan national contre les addictions pour la période 2006-2011.
Car la question des addictions représente un énorme problème de santé public : "Les conduites addictives,en particulier les consommations de tabac, les abus d’alcool et dans une moindre mesure, de substances psycho actives, interviennent dans 30 % de la mortalité précoce (soit avant 65 ans) et évitable..."
Je suis allé regarder le détail de ce plan, sur le site de la MILDT en version complète, ou sous forme de synthèse.
Il me semble très intéressant à plusieurs titres :
- Il met en place un dispositif médical de proximité qui va dans le bon sens, avec le développement de consultations d'addictologie en lien avec les services d'urgences des hôpitaux, et le développement d'équipes de liaison ou de réseaux associant les généralistes. Et il met des moyens supplémentaires dans la formation des professionnels. Je constate tous les jours les difficultés pratiques à prendre en charge les personnes dépendantes,et je ne peux donc qu'approuver ce dispositif.
- Il envisage de développer les services et les pôles d'addictologie. C'est certainement une bonne chose, car on a plus souvent l'habitude de raisonner de manière compartimentée (ainsi les services qui s'adressent aux alcooliques sont souvent des services de maladies digestives incapables de prendre en charge les autres dépendances).
- Il ne vise pas à faire diminuer la consommation d'un produit particulier (l'alcool, le tabac...) ni même celle des produits psychoactifs pris dans leur globalité (les "drogues") , mais il vise tous les comportements de dépendance : aux produits, mais aussi au sport, au travail, au sexe, au jeu pathologique... Et on sait bien maintenant que c'est le même mécanisme qui est à l'oeuvre dans les différents modes de dépendance.
- Il met en place un volet prévention de ces comportements.
C'est malheureusement ce dernier volet qui, malgré la bonne volonté affichée, me semble manquer de souffle. Il prévoit "une grande campagne de communication de 5 millions d'euros début 2007" et "un numéro indigo d’accès unique sur les addictions" (Info Ministère : 0820 03 33 33) . Les numéros d'appel uniques ne sont pas franchement une nouveauté ( il existe déjà Drogues Info Service, Fil santé jeunes,...) et il est rare qu'une campagne de prévention suffise à faire changer les comportements.
Je me sens assez proche des positions de l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie : "Aucune des 26 mesures préconisées ne vise la prévention de proximité, dont on sait pourtant qu’elle est le complément indispensable des mesures législatives comme des grandes campagnes d’information."
Un Mouvement comme le nôtre, qui propose aux jeunes un processus global d'éducation à l'autonomie entre 8 et 20 ans, a certainement des atouts à faire valoir. En France,où nous avons encore une culture assez faible de la prévention et de l'éducation à la santé, nous n'avons pas de complexe à avoir à nous positionner sur ce créneau...et à nous comporter "comme des éclaireurs".
Car la question des addictions représente un énorme problème de santé public : "Les conduites addictives,en particulier les consommations de tabac, les abus d’alcool et dans une moindre mesure, de substances psycho actives, interviennent dans 30 % de la mortalité précoce (soit avant 65 ans) et évitable..."
Je suis allé regarder le détail de ce plan, sur le site de la MILDT en version complète, ou sous forme de synthèse.
Il me semble très intéressant à plusieurs titres :
- Il met en place un dispositif médical de proximité qui va dans le bon sens, avec le développement de consultations d'addictologie en lien avec les services d'urgences des hôpitaux, et le développement d'équipes de liaison ou de réseaux associant les généralistes. Et il met des moyens supplémentaires dans la formation des professionnels. Je constate tous les jours les difficultés pratiques à prendre en charge les personnes dépendantes,et je ne peux donc qu'approuver ce dispositif.
- Il envisage de développer les services et les pôles d'addictologie. C'est certainement une bonne chose, car on a plus souvent l'habitude de raisonner de manière compartimentée (ainsi les services qui s'adressent aux alcooliques sont souvent des services de maladies digestives incapables de prendre en charge les autres dépendances).
- Il ne vise pas à faire diminuer la consommation d'un produit particulier (l'alcool, le tabac...) ni même celle des produits psychoactifs pris dans leur globalité (les "drogues") , mais il vise tous les comportements de dépendance : aux produits, mais aussi au sport, au travail, au sexe, au jeu pathologique... Et on sait bien maintenant que c'est le même mécanisme qui est à l'oeuvre dans les différents modes de dépendance.
- Il met en place un volet prévention de ces comportements.
C'est malheureusement ce dernier volet qui, malgré la bonne volonté affichée, me semble manquer de souffle. Il prévoit "une grande campagne de communication de 5 millions d'euros début 2007" et "un numéro indigo d’accès unique sur les addictions" (Info Ministère : 0820 03 33 33) . Les numéros d'appel uniques ne sont pas franchement une nouveauté ( il existe déjà Drogues Info Service, Fil santé jeunes,...) et il est rare qu'une campagne de prévention suffise à faire changer les comportements.
Je me sens assez proche des positions de l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie : "Aucune des 26 mesures préconisées ne vise la prévention de proximité, dont on sait pourtant qu’elle est le complément indispensable des mesures législatives comme des grandes campagnes d’information."
Un Mouvement comme le nôtre, qui propose aux jeunes un processus global d'éducation à l'autonomie entre 8 et 20 ans, a certainement des atouts à faire valoir. En France,où nous avons encore une culture assez faible de la prévention et de l'éducation à la santé, nous n'avons pas de complexe à avoir à nous positionner sur ce créneau...et à nous comporter "comme des éclaireurs".
par Dominique SOLAZZI
publié dans :
Comportements à risque
C'est une manifestation qui se déroule de septembre à décembre 2006 et dont la présentation est la suivante: "L’alcool tient une place particulière en France en raison de son importance économique, historique et culturelle. La dimension conviviale et festive de l’alcool est incontestable et à ce titre, fêtes de famille, pots entre collègues, succès aux examens, promotions...sont autant d’occasions de boire.
Mais l’alcool c’est aussi la 2ème cause de mortalité évitable en France avec 45 000 morts par an. L’alcool agit comme facteur direct ou associé dans l’apparition de nombreuses maladies : cancers, maladies cardiovasculaires, maladies digestives et est aussi impliqué dans les accidents de la route, l’apparition de certains troubles mentaux, les violences.
L’alcool est donc un sujet ambivalent qui ne laisse personne indifférent."
La consommation d'alcool par les jeunes est plus une consommation de fin de semaine, festive et conviviale,qu'une consommation quotidienne. Bière et alcools forts sont les produits les plus consommés, et l'ivresse souvent recherchée.
Ce n'est pas nouveau, mais le phénomène est très répandu et peut poser question . Cf mon article récent sur l'enquête Escapad 2005,ou encore cette synthèse :
"A 17 et 18 ans, un peu plus d’un garçon sur 5 consomme régulièrement de l’alcool, contre environ 7% des filles...L’ivresse régulière (au moins 10 fois dans l’année), quasi-nulle jusqu’à 15 ans, est ensuite très largement masculine : elle concerne 5,1% des garçons et 1,3% des filles de 16 à 17 ans. [ESPAD 2003]. Chez les 17-18 ans, ce sont 11,0% des garçons et 2,9% des filles qui sont concernés [ESCAPAD 2003]."
A 17-18 ans, il y a comme un basculement. Cà correspond à la deuxième partie de la tranche d'âge pionniers-caravelles, au passage aux JEM compagnons ou à l'arrêt du scoutisme, ou à un moment où on vous propose de rentrer en maîtrise louveteaux ou -jeannettes...
Nous sommes donc concernés de près par cette question, et il y a cette actualité: des forums citoyens organisés en octobre-novembre dans les 26 régions de France, avec une synthèse nationale en décembre.
J'ai très envie d'inciter les responsables et cadres scouts qui le souhaitent à s'inscrire aux forums régionaux, ou à participer aux forums Internet appelés à nourrir le débat.
Nous avons bien sûr les forums de LaToileScoute pour en parler: le débat du printemps, et le débat actuel.
Mais nous mêler au débat public,à titre individuel ou en tant que mouvement, me semblerait sacrément intéressant...

par Dominique SOLAZZI
publié dans :
Comportements à risque
La publication des résultats d'une enquête sur les comportemenst de consommation de produits addictifs chez les jeunes de 17 ans a fait brièvement la une des médias il y a une semaine: il s'agit de l'enquête ESCAPAD (Enquête sur la Santé et les Comportements lors de l'Appel de Préparation A la Défense).
Cette enquête est pratiquée chaque année depuis 2000 auprès des jeunes de 17 ans,garçons et filles, qui participent à la journée d'appel de préparation à la défense. vous trouverez les résultats détaillés de l'enquête sur le site de l'OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies)
Ces résultats me semblent intéressants pour nous :
- L'enquête touche un nombre importants de jeunes (30 000 questionnaires exploitables en 2005 après filtrage en fonction de l'âge et de l'origine géographique: seuls les questionnaires remplis par des jeunes de 17 ans ont été inclus).
- L'enquête dure depuis 5 ans, avec des questions identiques et une méthodologie qui est toujours la même : une fois par an, dans toute la France, les jeunes qui participent à cette journée répondent à un questionnaire auto-administré anonyme centré sur leurs consommations de substances psychoactives. On peut donc commencer à mesurer des évolutions.
- L'âge de 17 ans marque dans notre Mouvement le passage des pionniers-caravelles aux compagnons JEM. Or c'est bien dans ces tranches d'âge que les comportements addictifs des jeunes posent le plus de questions... et 17 ans est aussi l'âge où nous commençons à recruter des maîtrises.
- Enfin l'enquête faite auprès des pionniers au rassemblement Solidaires en 2000 avec une méthodologie similaire (on avait eu 8000 réponses, ce n'est pas négligeable) avait clairement montré que les comportements des adolescents de notre Mouvement sont assez proches de ceux des autres adolescents français.
Petite synthèse personnelle des résultats de l'enquête:
- L'expérimentation des produits licites (tabac, alcool...)semble baisser peu à peu. Mais ce sont des conduites banales : 90% des jeunes de 17 ans ont goûté au moins une fois une boisson alcoolisée, et 75% ont fumé au moins une fois.
L'expérimentation du cannabis a cessé d'augmenter depuis 2000, mais reste à un niveau élevé: environ un jeune sur deux a déjà essayé.
- Au cours des trente derniers jours, c'est l'alcool qui apparaît le plus consommé (environ huit jeunes sur dix en ont consommé au moins une fois) devant le tabac (environ quatre jeunes sur dix). Le cannabis concerne pour sa part moins de trois adolescents de 17 ans sur dix et celui des médicaments moins d'un jeune sur dix.
- La consommation quotidienne de tabac est en baisse depuis 2000. Elle est passée de 41% à 33% (un jeune sur 3). Il n'y a pas de différence significative entre filles et garçons. Il semble que le nombre de consommateurs quotidiens est baissé davantage parce que moins de jeunes ont commencé à fumer que grâce à l'arrêt de ceux qui avaient commencé.
- La consommation régulière d'alcool (plus de dix fois au cours du dernier mois) concerne surtout les garçons et depuis 2000 reste aux alentours de 15% pour les garçons (un garçon sur 6) et de 6% pour les filles. La consommation régulière de cannabis (plus de dix fois au cours du dernier mois) est désormais au même niveau.
- Les jeunes qui ont des ivresses régulières sont de plus en plus nombreux: 9.6 % des jeunes (un jeune sur 10) sont ivres plus de 10 fois dans l'année. L'ivresse est une expérience courante puisque plus de 50% des jeunes de 17 ans ont déjà été ivres au moins une fois. les boissons alcoolisées les plus prisées sont les bières, les premix, et les alcools forts.
Conclusions provisoires:
- L'attrait pour les consommations addictives est à 17 ans un comportement très répandu. Dans ce domaine, les choses n'ont pas beaucoup bougé depuis 2000. On peut faire l'hypothèse sans trop de risques d'être démenti que cette réalité concerne également les jeunes de notre association.
- Agir auprès des jeunes de la tranche d'âge 11-14 ans pour retarder le plus possible l'adoption de comportements addictifs semble une bonne stratégie, notamment pour le tabac. C'est l'axe que nous avions choisi dans l'article de Tribu publié en juillet dernier.
- Beaucoup d'adolescents consomment des boissons alcoolisées davantage pour se défoncer que pour des sensations gustatives...L'utilisation de boissons alcoolisées dans des lieux fréquentés par des 14-17 ans doit donc être particulièrement prudente et réfléchie.
Nous avons les moyens d'avancer vers une parole de Mouvement,en nous appuyant sur les débats qui ont eu lieu l'an passé aux rencontres nationales et sur LaToileScoute. Il faut le faire, car les responsables et les cadres de l'association ont besoin de repères pour alimenter leurs paroles et leurs actions.
Cette enquête est pratiquée chaque année depuis 2000 auprès des jeunes de 17 ans,garçons et filles, qui participent à la journée d'appel de préparation à la défense. vous trouverez les résultats détaillés de l'enquête sur le site de l'OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies)
Ces résultats me semblent intéressants pour nous :
- L'enquête touche un nombre importants de jeunes (30 000 questionnaires exploitables en 2005 après filtrage en fonction de l'âge et de l'origine géographique: seuls les questionnaires remplis par des jeunes de 17 ans ont été inclus).
- L'enquête dure depuis 5 ans, avec des questions identiques et une méthodologie qui est toujours la même : une fois par an, dans toute la France, les jeunes qui participent à cette journée répondent à un questionnaire auto-administré anonyme centré sur leurs consommations de substances psychoactives. On peut donc commencer à mesurer des évolutions.
- L'âge de 17 ans marque dans notre Mouvement le passage des pionniers-caravelles aux compagnons JEM. Or c'est bien dans ces tranches d'âge que les comportements addictifs des jeunes posent le plus de questions... et 17 ans est aussi l'âge où nous commençons à recruter des maîtrises.
- Enfin l'enquête faite auprès des pionniers au rassemblement Solidaires en 2000 avec une méthodologie similaire (on avait eu 8000 réponses, ce n'est pas négligeable) avait clairement montré que les comportements des adolescents de notre Mouvement sont assez proches de ceux des autres adolescents français.
Petite synthèse personnelle des résultats de l'enquête:
- L'expérimentation des produits licites (tabac, alcool...)semble baisser peu à peu. Mais ce sont des conduites banales : 90% des jeunes de 17 ans ont goûté au moins une fois une boisson alcoolisée, et 75% ont fumé au moins une fois.
L'expérimentation du cannabis a cessé d'augmenter depuis 2000, mais reste à un niveau élevé: environ un jeune sur deux a déjà essayé.
- Au cours des trente derniers jours, c'est l'alcool qui apparaît le plus consommé (environ huit jeunes sur dix en ont consommé au moins une fois) devant le tabac (environ quatre jeunes sur dix). Le cannabis concerne pour sa part moins de trois adolescents de 17 ans sur dix et celui des médicaments moins d'un jeune sur dix.
- La consommation quotidienne de tabac est en baisse depuis 2000. Elle est passée de 41% à 33% (un jeune sur 3). Il n'y a pas de différence significative entre filles et garçons. Il semble que le nombre de consommateurs quotidiens est baissé davantage parce que moins de jeunes ont commencé à fumer que grâce à l'arrêt de ceux qui avaient commencé.
- La consommation régulière d'alcool (plus de dix fois au cours du dernier mois) concerne surtout les garçons et depuis 2000 reste aux alentours de 15% pour les garçons (un garçon sur 6) et de 6% pour les filles. La consommation régulière de cannabis (plus de dix fois au cours du dernier mois) est désormais au même niveau.
- Les jeunes qui ont des ivresses régulières sont de plus en plus nombreux: 9.6 % des jeunes (un jeune sur 10) sont ivres plus de 10 fois dans l'année. L'ivresse est une expérience courante puisque plus de 50% des jeunes de 17 ans ont déjà été ivres au moins une fois. les boissons alcoolisées les plus prisées sont les bières, les premix, et les alcools forts.
Conclusions provisoires:
- L'attrait pour les consommations addictives est à 17 ans un comportement très répandu. Dans ce domaine, les choses n'ont pas beaucoup bougé depuis 2000. On peut faire l'hypothèse sans trop de risques d'être démenti que cette réalité concerne également les jeunes de notre association.
- Agir auprès des jeunes de la tranche d'âge 11-14 ans pour retarder le plus possible l'adoption de comportements addictifs semble une bonne stratégie, notamment pour le tabac. C'est l'axe que nous avions choisi dans l'article de Tribu publié en juillet dernier.
- Beaucoup d'adolescents consomment des boissons alcoolisées davantage pour se défoncer que pour des sensations gustatives...L'utilisation de boissons alcoolisées dans des lieux fréquentés par des 14-17 ans doit donc être particulièrement prudente et réfléchie.
Nous avons les moyens d'avancer vers une parole de Mouvement,en nous appuyant sur les débats qui ont eu lieu l'an passé aux rencontres nationales et sur LaToileScoute. Il faut le faire, car les responsables et les cadres de l'association ont besoin de repères pour alimenter leurs paroles et leurs actions.
par Dominique SOLAZZI
publié dans :
Comportements à risque